Ça fait cinq ans que je suis maman. Cinq ans de câlins, de rires, de nuits trop courtes, de lessives qui s’enchaînent… et surtout cinq ans de trop plein.
Parce que la maternité, quand on est HPI (haut potentiel intellectuel), ça a une saveur particulière. Mon cerveau carbure à 1000 à l’heure, et parfois, c’est comme si je vivais la parentalité en Dolby Surround 24/7.
Le trop plein d’amour (et de fatigue)
On ne va pas se mentir : je fonds littéralement pour mon fils. Chaque mimi, chaque “maman” chuchoté à l’oreille, ça me retourne le cœur. Mais en même temps… ça m’épuise. Parce que là où certains parents arrivent à couper, moi je ressasse, je revis la scène, j’anticipe la suivante. Mon cerveau n’a pas de bouton pause. Résultat : je peux me sentir aussi heureuse qu’épuisée dans la même minute.
Les émotions x1000
Être maman, c’est déjà une montagne russe émotionnelle. Mais avec mon hypersensibilité, chaque cri, chaque sourire, chaque dispute prend une dimension XXL. Quand il me fait un câlin à l’improviste, je pourrais pleurer de joie. Quand il tape du pied parce qu’il ne veut pas mettre son manteau, je ressens ça comme une mini-tempête intérieure.
C’est plein, tout le temps. Plein de tendresse, plein de bruit, plein de contradictions.
Le besoin de sens (et le risque de s’épuiser)
Un truc typique chez les HPI : avoir besoin que tout ait du sens. Alors je ne peux pas juste “faire” la maternité. Je lis, je me renseigne, je cherche toujours la meilleure façon d’accompagner, d’éduquer, de stimuler. Sauf qu’à force de vouloir tout comprendre, tout anticiper, tout optimiser… je m’épuise. Et parfois, la meilleure chose que je puisse faire, c’est accepter que la vie de maman, ça se vit plus qu’elle ne s’analyse.
Mes petites bouées du quotidien
Heureusement, j’ai trouvé quelques rituels pour garder la tête hors de l’eau :
- Écrire (même trois lignes dans un carnet, ça soulage mon cerveau saturé).
- Prendre l’air seule, ne serait-ce que dix minutes.
- Coller des photos, des magnets, laisser des traces visibles de nos moments heureux : ça m’ancre dans le concret, au lieu de rester perdue dans le flot de pensées.
💡 Les conseils d’une maman HPI
- Accepte le trop plein : au lieu de lutter contre ton intensité, fais-en une force. Tu vis tout plus fort, c’est normal que ça te fatigue aussi plus vite.
- Débranche le cerveau quand tu peux : autorise-toi des moments où tu ne cherches pas à “optimiser”. Juste être là, sans mode analyse activé.
- Note ce qui déborde : quand tes pensées s’accumulent, mets-les sur papier. Ça libère de la place dans la tête.
- Crée des ancres de joie : imprime une photo, colle-la en magnet, écris une petite phrase de ton enfant. Ces petits rappels visuels aident à recharger en douceur.
- Entoure-toi de personnes qui comprennent : toutes les mamans ne vivent pas la maternité comme toi, et c’est ok. Mais avoir des oreilles attentives, qui ne te jugent pas, change tout.
👉 Peut-être que mon fils ne retiendra pas que sa maman était fatiguée, mais plutôt qu’elle riait fort, pleurait vite, et l’aimait de tout son trop-plein. Et finalement, c’est ça qui compte.